les "Astro Plumes"


Bernard MELGUEN

Touche pas à mon ciel...!

En cette fin d'année, qui marque aussi la fin du millénaire, l'actualité astrologique est saisie d'un brusque accès de fièvre : parution de plusieurs ouvrages pro ou antiastrologiques, émissions de radio et débats télévisés très animés.

 

Mais si l'astrologie fait preuve d'un grand dynamisme et intéresse une frange de plus en plus cultivée de la population, ses contradicteurs, hélas, ne semblent pas avoir progressé d'un iota. C'est toujours la même condamnation sans appel, accompagnée du même refrain lancinant :

« Les astrologues sont des usurpateurs ! De quel droit font-ils référence à l'astronomie, eux si ignorants en la matière ? Il faut laisser le ciel aux mains des astronomes dûment diplômés, eux seuls sont habilités à en parler, eux seuls peuvent nous dire ce que nous devons en penser. »

Et voici maintenant une deuxième levée de boucliers tout aussi virulente. Car l'astrologie est coupable d'un deuxième péché : elle s'intéresse au psychisme humain. Or chacun devrait savoir que c'est aujourd'hui le domaine réservé des psychologues. « Touche pas à mon ciel ! Touche pas à mes patients ! »

 

Qu'est-ce qui motive ces rejets sectaires ? De quoi ces astronomes et ces psychologues ont-ils peur au bout du compte ? Tant d'efforts déployés simplement pour protéger son prochain du « mirage astrologique » Cette actualité nous donne l'occasion d'évoquer le versant astronomique de l'astrologie. Aujourd'hui, grâce à l'informatique, même l'astrologue le plus allergique à la cosmographie peut dresser un thème de naissance, rapidement et sans commettre la moindre erreur.

Par contre le dessin obtenu sur une feuille de papier, aussi sophistiqué soit-il, ne rend qu'imparfaitement compte de la réalité astronomique du ciel de naissance. Et pour cause ! La carte n'est pas le territoire...

 

Les phénomènes célestes se manifestent dans un espace à trois dimensions, où ils se transforment sans cesse selon une quatrième dimension : le temps. C'est dire que nous vivons au cœur d'une réalité complexe qui ne se laisse pas facilement appréhender. Heureusement, pour nous simplifier la tâche nous disposons maintenant d'un outil pédagogique fort utile dans notre pratique quotidienne : le Célescope. (voir figure). II s'agit d'une maquette originale du système solaire réglable en latitude. Le spectacle du ciel est celui que découvre un observateur placé en un lieu donné sur terre et pour une date choisie.

 

Certains d'entre vous se souviennent du vif succès remporté par la journée de formation « Astronomie pour astrologues » que la FDAF avait organisée en mars 98 autour de cet appareil. En effet, le Célescope permet de saisir de façon quasi évidente les liens subtils qui se tissent entre la réalité astronomique et le symbolisme astrologique. En voici quelques exemples.

 

PLANTONS LE DECOR.

 

- Même si, vue de loin, la Terre est ronde, sous nos pieds le sol est plan, accidents du terrain mis à part. En effet, la courbure de la Terre, à notre échelle, est imperceptible.

Par contre la rotondité de notre planète se traduit au quotidien par un fait autrement plus important :

Où que nous soyons, chacun d'entre nous est toujours au centre de son horizon. Un homme d'1 m70, debout sur la terre, se tient au centre d'un disque dont le rayon mesure 4,7 km (figure 2)

 

Si nous considérons maintenant le système solaire dans sa globalité, nous savons que les planètes circulent toutes autour du Soleil, dans le même sens et approximativement dans le même plan : le plan de l’écliptique.

 

Le Célescope dans son principe modélise l'interaction de ces deux plans au fil du temps :

- le plan de notre horizon local : celui où nous sommes nés, celui où nous vivons.

- le plan de l'écliptique : celui où se déroule la « vie » du système solaire.

 

SIGNES OU CONSTELLATIONS DU ZODIAQUE ... ET LES GEOGRAPHES ?

 

En France nous sommes habitués à travailler avec des cartes où l'écliptique est divisé en 12 signes du zodiaque égaux de 30° chacun.

Il est important de souligner que, par définition, les signes sont liés à la terre et correspondent aux saisons, aujourd'hui comme hier, comme demain. L'entrée du soleil dans le signe du Bélier marque toujours le début du printemps. Les signes constituent pour les habitants de la terre une référence simple et immuable.

Les constellations du zodiaque, elles, ne font pas partie du système solaire. Et si leurs étoiles, faciles à identifier, nous offrent une toile de fond commode pour repérer la course des planètes sur la voûte céleste, nous savons tous qu'elles ne correspondent plus depuis longtemps aux saisons (du fait de la précession des équinoxes)

Pour la même raison sur une carte géographique ce n'est plus la constellation du Cancer qui surplombe le tropique du Cancer ! Pourtant ce dernier n'a pas changé de nom... Parle-t-on du tropique des Gémeaux ? Il en est de même pour le tropique du Capricorne. Comment se fait-il, alors, que les astronomes si prompts à dénoncer l'ignorance des astrologues ne s'en prennent jamais aux géographes ? Bizarre...

 

LA DANSE DE L'ÉCLIPTIQUE

 

Le mouvement quotidien de l'écliptique, est comme une danse à quatre temps qu'il est hélas impossible de traduire en dessins. C'est une sorte de mouvement hélicoïdal très doux selon lequel l'écliptique s'abaisse lentement sur l'horizon pour se redresser ensuite, tout en oscillant de part et d'autre de l'axe est-ouest. Ce mouvement si particulier génère pour chaque signe une trajectoire spécifique.

Ainsi le signe où se trouve le Soleil, la Lune ou une planète détermine avec précision la modalité de manifestation de cet astre : où se lève-t-il, quelle est sa hauteur, pendant combien de temps sera-t-il présent puis absent, est-il montant ou descendant ? (figure 3)

 

UNE CHEVRE NOMMEE CAPRICORNE QUI GRIMPE...UN CRABE QUI RECULE

 

A partir du solstice d'hiver le soleil recommence à monter au-dessus de l'horizon. Il vient d'entrer dans le signe du Capricorne, figuré par une chèvre : chacun sait que cet animal est réputé pour son obstination à vouloir grimper toujours plus haut (qui n'a pas en mémoire la chèvre de Mr Seguin ?)

A partir du solstice d'été le soleil va redescendre vers l'horizon sud. Et le signe qui initie ce mouvement de recul porte bien son nom: le Cancer, incarné par le crabe ou l'écrevisse dont la marche rétrograde est légendaire.

 

Selon cette dynamique toute planète située entre le Capricorne et les Gémeaux verra son arc « monter » de plus en plus au-dessus de l'horizon, ce qui accroîtra sa durée de présence. Par contre une planète située entre le Cancer et le Sagittaire descendra de plus en plus et verra donc sa durée de présence diminuer.

Attention    Si la planète est rétrograde ces phénomènes sont inversés...

 

 

L'ASCENDANT ET LE POINT EST, LE MILIEU DU CIEL ET LE POINT HAUT

 

Chacun sait que l'écliptique est coupé en deux par l'horizon : c'est l'axe Asc-Desc, et en deux par le méridien local : c'est l'axe MC-FC .

Mais le schéma d'une carte du ciel en deux dimensions est nécessairement réducteur : en fait l'écliptique se déploie « de biais » au-dessus de l'horizon, et son inclinaison constamment changeante engendre les phénomènes suivants : (figure 4)

1- L'ascendant n'est pas le point Est (sauf si l'Asc. est à 0° Bélier ou 0° Balance)

2- Le milieu du ciel n'est pas le point le plus haut de l'écliptique.

3- Le temps que met un signe pour se lever est variable : 1 h pour le Bélier, 2 h 45 pour la Balance à Paris

Le point haut, est le point le plus élevé de l'arc écliptique déployé au-dessus de l'horizon. Toujours en quadrature avec l'ascendant et le descendant, il représente ce à quoi nous aspirons du plus profond de nous-mêmes, alors que le Milieu du Ciel concerne plus la part de « destin » que le monde nous impose. De même l'ascendant exprime plus notre personnalité intime, et le point Est le personnage que nous présentons au monde extérieur. Nous pourrions de même distinguer « le point bas » du FC et « le point ouest » du descendant. La vitesse comparée d'ascension des différents signes nous apprend que le Bélier se lève presque 3 fois plus vite que la Balance (à Paris). Mais n'est-ce pas une évidence qu'il faut plus de temps pour rendre la justice, peser le pour et le contre, que pour faire la guerre ?

Après ces quelques exemples, le temps est venu de conclure.

Certes la mécanique céleste n'est pas d'un accès facile. Toutefois la connaissance des bases astronomiques de l'astrologie, loin d'être un luxe, nous permet de renforcer la cohérence de notre discours et de nourrir le symbolisme au plus près du réel, comme l'abeille fait son miel à partir des fleurs qu'elle va butiner au cœur de la nature.

 

Pour tous renseignements complémentaires vous pouvez contacter :

Bernard Melguen

02.40.57.39.12

melguen@wanadoo.fr

 

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